Votre parent met plusieurs secondes à quitter son fauteuil, prend appui sur les accoudoirs, s’y reprend à deux fois, ou vous demande la main. Cette difficulté à se lever de sa chaise chez une personne âgée, répétée des dizaines de fois par jour, passe souvent inaperçue dans le quotidien.
Pourtant, la difficulté à se lever d’une chaise chez une personne âgée figure parmi les signaux les plus précoces d’une baisse de force des membres inférieurs et d’une fragilité qui s’installe. C’est aussi l’un des marqueurs les plus simples à observer, à mesurer et à travailler. Voici ce que ce geste révèle réellement, comment l’évaluer sans matériel et quelles solutions concrètes existent pour retrouver de l’aisance.
Difficulté à se lever d’une chaise chez la personne âgée
Temps de lecture : ~11 min
- Se lever d’un siège, un geste plus technique qu’il n’y paraît
- Pourquoi une personne âgée a du mal à se relever
- La difficulté à se lever d’une chaise chez une personne âgée annonce-t-elle un risque de chute ?
- Comment tester la force musculaire avec le lever de chaise
- Quels exercices pour se relever plus facilement
- Quand consulter et quelles aides existent en France
- Pourquoi l’Activité Physique Adaptée est pertinente ici
- Comment nous accompagnons dans la Loire
- Redonner de l’aisance à un parent qui peine à se lever
- Questions fréquentes
Se lever d’un siège, un geste plus technique qu’il n’y paraît
Un mouvement plus complexe qu’il n’y paraît
Le passage de la position assise à la position debout, appelé transfert assis debout, mobilise en quelques secondes une grande partie du corps. Les quadriceps et les fessiers produisent la force, les muscles des membres inférieurs stabilisent les genoux et les chevilles, le tronc bascule vers l’avant pour déplacer le centre de gravité, puis l’équilibre postural prend le relais pendant la phase de redressement. Ce mouvement demande donc de la force, de la vitesse et de la coordination en même temps.
Quand une personne âgée a du mal à se relever, elle compense d’abord discrètement. Elle s’aide des accoudoirs, s’assoit plus au bord du siège, choisit les fauteuils les plus hauts, évite les chaises basses et les banquettes. Ces adaptations spontanées sont intelligentes, mais elles masquent l’évolution réelle. C’est souvent lors d’une visite, au restaurant ou chez le médecin, que les proches réalisent que le geste est devenu pénible.
Pourquoi une personne âgée a du mal à se relever
Fonte musculaire liée à l’âge
La cause la plus fréquente est la sarcopénie, c’est-à-dire la fonte musculaire liée à l’âge. Elle donne des symptômes progressifs et peu bruyants : une baisse de force dans les cuisses, une fatigue plus rapide à la marche, une démarche ralentie, une difficulté à monter les escaliers ou à porter ses courses. Elle est aggravée par la sédentarité du senior, par les longues périodes assises et par une alimentation insuffisamment riche en protéines. C’est l’un des piliers de ce que les gériatres appellent la fragilité gériatrique, un état intermédiaire entre le vieillissement en bonne santé et la perte d’autonomie installée.

Autres facteurs fréquents
D’autres causes s’ajoutent fréquemment à cette faiblesse musculaire des jambes chez la personne âgée. L’arthrose du genou et l’arthrose de la hanche rendent l’appui douloureux et incitent à limiter le mouvement. Certaines pathologies neurologiques, comme la maladie de Parkinson, les séquelles d’accident vasculaire cérébral ou une neuropathie périphérique, modifient la commande musculaire et la sensibilité des pieds. L’hypotension orthostatique provoque un étourdissement au moment précis du lever, ce qui pousse à se relever plus lentement ou à renoncer. Une carence en vitamine D, un séjour hospitalier récent, un alitement de quelques jours ou un traitement provoquant somnolence ou baisse de tension peuvent également jouer un rôle. Enfin, la peur de tomber et la baisse de confiance entretiennent la spirale, puisque moins on se lève, moins on garde la capacité de se lever.
La difficulté à se lever d’une chaise chez une personne âgée annonce-t-elle un risque de chute ?
Les recommandations de la Haute Autorité de Santé sur les chutes répétées classent les difficultés lors du lever du siège parmi les troubles de la marche et de l’équilibre, très liés à la survenue de chutes. La logique est simple : un senior qui peine à se relever produit moins de force et moins vite. Or, c’est exactement cette force rapide qui permet de se rattraper lorsque le pied accroche un tapis ou que l’équilibre est déséquilibré sur le côté.
Les conséquences dépassent le risque de fracture, y compris la redoutée fracture du col du fémur. Une personne qui appréhende le lever se lève moins souvent, boit moins, se déplace moins, sort moins, et perd encore du muscle. Les répercussions sont aussi psychosociales, avec un repli progressif, une restriction des activités et parfois un isolement. C’est pourquoi ce signe mérite d’être pris au sérieux tôt, quand la marge de progression reste importante.
Comment tester la force musculaire avec le lever de chaise
Le test des 5 levers de chaise
Il existe un test simple, utilisé en gériatrie et connu sous le nom de test des 5 levers de chaise, ou chair rise test. La personne s’assoit sur une chaise stable, sans roulettes, adossée à un mur. Elle croise les bras sur la poitrine, puis se lève et se rassoit cinq fois de suite le plus vite possible, sans s’aider des mains. On mesure le temps écoulé entre le premier départ et le dernier redressement complet.
Un temps supérieur à 15 secondes est considéré comme le signe d’une faiblesse musculaire significative et justifie d’en parler au médecin traitant. L’incapacité à réaliser le test sans les mains est également un élément d’alerte à mentionner.
| Solution d’assise | Principe | Intérêt | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Rehausseur d’assise | Surélève la hauteur du siège | Réduit l’effort demandé aux quadriceps, peu coûteux | Doit rester stable et adapté à la taille de la personne |
| Fauteuil avec accoudoirs fermes | Permet une poussée des bras contrôlée | Sécurise le geste tout en laissant travailler les jambes | Accoudoirs trop bas ou trop mous qui rendent l’appui inefficace |
| Barre d’appui murale | Point d’appui fixe près du lit ou des toilettes | Sécurise les transferts les plus risqués | Installation à faire valider par un professionnel |
| Fauteuil releveur électrique | Un moteur accompagne le passage assis debout | Utile en cas de faiblesse importante ou de douleurs marquées | Utilisé seul et en permanence, il réduit la sollicitation musculaire |
Important
Une douleur vive au genou ou à la hanche, un étourdissement systématique au lever, une aggravation rapide en quelques semaines ou une chute récente doivent conduire à consulter le médecin traitant avant d’entreprendre quoi que ce soit.
Quels exercices pour se relever plus facilement
Principes des exercices de lever de chaise
La Haute Autorité de Santé recommande, en cas de trouble de la marche ou de l’équilibre, un travail combinant l’équilibre postural statique et dynamique et le renforcement musculaire et de la puissance musculaire des membres inférieurs, avec une pratique régulière d’intensité faible à modérée, prolongée par de l’autorééducation à domicile lorsque la personne peut la réaliser en sécurité. Les fiches destinées aux seniors utilisent d’ailleurs le lever de chaise comme exercice central, en séries de répétitions avec pauses, en réduisant progressivement l’aide des bras.

Voici les principes qui reviennent dans ces programmes d’exercices de lever de chaise pour senior, à adapter impérativement aux capacités de la personne :
- Installer une chaise stable contre un mur, pieds à plat et légèrement reculés sous les genoux, buste penché vers l’avant avant de pousser.
- Commencer avec les mains sur les cuisses ou sur les accoudoirs, puis chercher à alléger l’appui des bras au fil des semaines.
- Travailler en séries courtes, par exemple plusieurs séries de cinq levers, avec des pauses complètes entre chaque série.
- Ajouter la phase de descente contrôlée, qui muscle autant que la montée, en s’asseyant lentement plutôt qu’en se laissant tomber.
- Compléter par du travail d’équilibre et de marche, car la force seule ne suffit pas à sécuriser les déplacements.
Ces exercices ne conviennent pas à toutes les situations. En cas de prothèse récente, de douleurs importantes, de troubles cognitifs ou de vertiges, l’évaluation préalable d’un professionnel est indispensable.
Quand consulter et quelles aides existent en France
Un avis médical est utile dès que le geste devient un obstacle du quotidien, après une chute, après une hospitalisation ou en cas d’aggravation nette. Le médecin peut rechercher une hypotension orthostatique, revoir les traitements, vérifier le statut en vitamine D et orienter, si nécessaire, vers de la kinésithérapie gériatrique pour une prise en charge des troubles de la marche et de l’équilibre.
Du côté des aides, les services d’aide et d’accompagnement à domicile, les SAAD, proposent des prestations d’aide au lever et au coucher et d’accompagnement aux déplacements à domicile. L’Allocation Personnalisée d’Autonomie, à ne pas confondre avec l’Activité Physique Adaptée bien que les deux soient abrégées APA, est attribuée par le conseil départemental et peut financer une partie de ces services. Les sites Ameli.fr et Pour-les-personnes-agees.gouv.fr détaillent ces dispositifs et les démarches à effectuer.
Bon à savoir
Les interventions relevant du cadre des services à la personne ouvrent droit à un avantage fiscal, ce qui change souvent la perception du budget réel pour la famille.
Pourquoi l’Activité Physique Adaptée est pertinente ici
L’enseignant en Activité Physique Adaptée est un professionnel diplômé d’un cursus universitaire STAPS spécialisé dans l’adaptation de l’exercice aux personnes fragilisées. Son rôle ne remplace ni le médecin ni le kinésithérapeute, dont l’intervention relève du soin. Il intervient en complément, sur la durée, pour maintenir et développer les capacités physiques une fois le problème aigu passé, ou en prévention avant qu’il ne survienne.
Dans le cas précis d’une perte de mobilité chez un senior, sa démarche consiste à évaluer objectivement la situation, notamment avec des tests fonctionnels comme le lever de chaise, à fixer des objectifs mesurables et concrets, puis à construire une progression sécurisée. L’objectif n’est pas de faire du sport, mais de redonner à la personne la capacité de se lever de son fauteuil, de ses toilettes, de son lit et de sa voiture sans appréhension.
Comment nous accompagnons dans la Loire
Chez APAMAX Santé, nous intervenons à domicile, en résidence senior et en EHPAD dans la Loire, notamment autour de Saint Étienne, Montbrison et la Plaine du Forez. Chaque accompagnement démarre par un bilan d’autonomie et une évaluation du risque de chute, avec des tests reproductibles qui permettent de mesurer les progrès dans le temps plutôt que de s’en tenir à une impression.

Nous travaillons ensuite séance après séance sur la force des jambes, l’équilibre, la confiance et les gestes réellement utiles au quotidien, à un rythme adapté à la personne. Les proches reçoivent des comptes rendus réguliers, ce qui compte particulièrement pour les familles éloignées géographiquement. Lorsque c’est utile, nous échangeons avec le médecin traitant, le kinésithérapeute ou l’équipe de la résidence, dans le respect du rôle de chacun.
Redonner de l’aisance à un parent qui peine à se lever
Un parent qui peine à se relever de son fauteuil ne vit pas une fatalité liée à son âge. Ce signe traduit le plus souvent une perte de force qui s’installe progressivement, et la force musculaire fait partie des capacités qui répondent le mieux à un travail régulier et bien dosé, même à un âge avancé.
Observer le geste, le mesurer avec un test simple, en parler au médecin et mettre en place un accompagnement individualisé sont des démarches accessibles. Si vous souhaitez un avis sur la situation de votre proche dans la Loire, nous pouvons réaliser une évaluation et vous proposer un plan d’action clair.
FAQ – Questions fréquentes
Faut-il interdire à mon parent de s’aider des accoudoirs ?
Non, les accoudoirs sont un appui de sécurité légitime au quotidien, surtout en cas de fatigue ou de douleur. L’idée est plutôt de réserver des moments dédiés, lors des exercices, où l’appui des bras est volontairement allégé pour solliciter les jambes.
Un fauteuil releveur risque-t-il de faire perdre de la force ?
Utilisé comme unique solution et en permanence, il réduit la sollicitation des muscles des jambes. Il garde tout son intérêt en cas de faiblesse importante ou de douleurs, idéalement en parallèle d’un travail musculaire régulier pour ne pas laisser les capacités décliner.
Les médicaments peuvent-ils expliquer une difficulté à se lever ?
Certains traitements favorisent la somnolence ou la baisse de tension au changement de position, ce qui complique le lever et augmente le risque de chute. Seul le médecin peut réévaluer une ordonnance, il ne faut pas modifier un traitement de sa propre initiative.
À quelle fréquence pratiquer pour espérer une amélioration ?
La régularité compte davantage que la durée des séances. Les recommandations privilégient une pratique répétée dans la semaine, d’intensité faible à modérée, poursuivie dans le temps, car les bénéfices se maintiennent tant que la pratique se poursuit.
Est-il possible d’intervenir si mon parent vit en résidence senior ou en EHPAD ?
Oui, un accompagnement individualisé peut se mettre en place au sein de l’établissement, en complément des animations collectives proposées, avec l’accord de la direction et en coordination avec l’équipe soignante.