Vous avez remarqué que votre mère reste assise toute la journée, passe la majeure partie de ses journées dans son fauteuil, sans vraiment se lever, sans bouger, parfois sans même changer de pièce. Cette situation vous inquiète, et vous vous demandez si c’est normal, si c’est dangereux, et surtout comment vous pouvez l’aider sans créer de tension.
Vous n’êtes pas seul dans cette situation. La sédentarité prolongée chez les personnes âgées est l’un des sujets les plus fréquemment évoqués par les aidants familiaux. Cet article vous donne des réponses claires, fondées et concrètes pour comprendre ce qui se passe et agir de façon adaptée.
Mère reste assise toute la journée | risques et solutions
Temps de lecture : ~10 min
- Pourquoi votre mère reste assise toute la journée
- Quels sont les risques concrets de rester assise trop longtemps
- Combien de temps assis est considéré comme trop long
- Comment aider votre mère à bouger sans créer de conflit
- Quels exercices simples peut-elle faire depuis son fauteuil
- Comment aménager le domicile pour encourager le mouvement
- Quand faut-il consulter un médecin
- Comment l’Activité Physique Adaptée peut aider votre mère
- Et si vous êtes épuisé en tant qu’aidant
- Agir maintenant pour préserver l’autonomie de votre proche
- Questions fréquentes
Pourquoi votre mère reste assise toute la journée
Avant de chercher à changer les habitudes de votre mère, il est utile de comprendre pourquoi elle reste assise autant. La sédentarité chez une personne âgée n’est presque jamais liée à un simple manque de volonté. Elle résulte le plus souvent d’une combinaison de facteurs physiques, psychologiques et environnementaux.
Des facteurs physiques, psychologiques et environnementaux
Sur le plan physique, la douleur est l’une des premières causes. Des douleurs articulaires liées à l’arthrose, des douleurs lombaires ou une faiblesse musculaire dans les jambes peuvent rendre chaque lever difficile et décourager toute initiative de mouvement. La fatigue chronique, parfois liée à une alimentation insuffisante ou à des troubles du sommeil, joue également un rôle important.
Sur le plan psychologique, la peur de tomber est un frein majeur et souvent sous-estimé. Une personne âgée qui a déjà chuté, ou qui se sent instable, peut inconsciemment choisir de rester assise pour se sentir en sécurité. La dépression, l’isolement social et la perte de motivation sont aussi des facteurs fréquents, en particulier chez les femmes âgées vivant seules.
Sur le plan environnemental, un domicile mal adapté, un fauteuil trop bas ou trop mou, l’absence de repères visuels ou de sollicitations extérieures peuvent renforcer une tendance à rester immobile. Le fait de ne pas avoir de raison de se lever, faute d’activités ou de liens sociaux, contribue aussi à cette sédentarité installée.
Quels sont les risques concrets de rester assise trop longtemps
La position assise prolongée n’est pas sans conséquences. Selon le Programme National Nutrition Santé et les recommandations de Manger Bouger sur la réduction du temps passé assis, réduire le temps passé assis est une priorité de santé publique pour les personnes de tous âges, et encore davantage pour les personnes âgées.

Les principales conséquences de la sédentarité prolongée
Les effets sur la circulation sanguine sont parmi les plus immédiats. Rester assis longtemps ralentit le retour veineux, favorise la stase dans les membres inférieurs et augmente le risque de phlébite chez les personnes fragiles. Les douleurs lombaires s’aggravent également avec le temps, en raison de la pression exercée sur les disques intervertébraux et du manque de soutien musculaire.
À plus long terme, l’immobilité favorise la fonte musculaire, appelée sarcopénie, qui touche naturellement les personnes âgées mais s’accélère fortement en cas de sédentarité. Cette perte de masse musculaire fragilise l’équilibre, augmente le risque de chute et rend les gestes du quotidien de plus en plus difficiles. Le déconditionnement physique s’installe progressivement, rendant chaque effort plus coûteux et moins accessible.
Les conséquences psychologiques ne doivent pas être négligées non plus. La sédentarité est associée à une augmentation du risque de syndrome dépressif, à une diminution de l’estime de soi et à un approfondissement de l’isolement social. Une personne qui ne bouge plus sort moins, voit moins de monde, et peut entrer dans un cercle difficile à interrompre sans aide extérieure.
Combien de temps assis est considéré comme trop long
Il n’existe pas de seuil universel, mais les recommandations convergent vers un principe simple : interrompre régulièrement la position assise, quelle que soit la durée totale passée assis dans la journée. Manger Bouger recommande de faire quelques minutes de marche et des étirements après deux heures d’assise continue. D’autres sources pratiques conseillent de se lever toutes les 30 à 60 minutes pour marcher quelques pas ou effectuer de légers mouvements.
Pour une personne âgée, l’objectif n’est pas de courir ou de faire du sport, mais simplement de rompre la continuité de la position assise, plusieurs fois par jour, par de petites actions accessibles.
Bon à savoir. L’Organisation Mondiale de la Santé recommande aux personnes âgées de 65 ans et plus de limiter le temps sédentaire et de le remplacer, même partiellement, par une activité physique légère. Même de courtes pauses actives répétées dans la journée ont un effet bénéfique mesurable sur la santé.
Comment aider votre mère à bouger sans créer de conflit
Convaincre un parent âgé de changer ses habitudes demande de la patience, de la douceur et une bonne compréhension de ses résistances. Forcer, culpabiliser ou multiplier les injonctions produit généralement l’effet inverse.
Trouver des leviers de motivation adaptés à votre mère
Proposez des raisons de se lever qui ont du sens pour elle : aller chercher quelque chose dans une autre pièce, se mettre près de la fenêtre pour regarder le jardin, participer à la préparation d’un repas même de façon minime. L’objectif est de créer des occasions naturelles de mouvement, sans que cela ressemble à une contrainte.
Privilégiez les moments où elle se sent bien reposée et disponible. Évitez les discussions sur le sujet lorsqu’elle est fatiguée ou de mauvaise humeur. Parlez-lui de ce que le mouvement lui apportera concrètement, pas de ce qu’elle risque si elle ne bouge pas. Le fait de l’accompagner vous-même, en marchant avec elle ou en faisant quelques gestes ensemble, peut aussi lever des résistances.
Si votre mère reste assise toute la journée malgré vos tentatives, et qu’elle exprime une peur de tomber ou une douleur qui la retient, ces signaux méritent d’être pris au sérieux et discutés avec son médecin.
Quels exercices simples peut-elle faire depuis son fauteuil
Il existe des exercices accessibles depuis une chaise ou un fauteuil, qui ne nécessitent aucun équipement et peuvent être réalisés en quelques minutes. Ces mouvements doux permettent de maintenir la circulation sanguine, de travailler légèrement les muscles des jambes et des bras, et de stimuler l’équilibre même en position assise.
Des mouvements doux et accessibles en position assise
Parmi les gestes les plus simples et les plus utiles, on peut mentionner les flexions de chevilles (monter et descendre les pieds alternativement en gardant les talons au sol), les élévations de genoux (lever une jambe pliée puis l’autre lentement), les rotations de buste (tourner doucement le tronc de gauche à droite), et les étirements doux des bras vers le plafond. Ces mouvements, répétés plusieurs fois par jour, contribuent à entretenir la mobilité articulaire et à limiter la raideur.
Ces exercices ne remplacent pas un accompagnement professionnel adapté à la situation de votre mère, mais ils peuvent constituer un point de départ utile pour réintroduire le mouvement dans sa journée.
À retenir. Avant d’introduire de nouveaux exercices, même très doux, il est conseillé d’en parler avec le médecin de votre mère, en particulier si elle souffre de maladies cardiovasculaires, d’arthrose avancée ou si elle a récemment chuté.
Comment aménager le domicile pour encourager le mouvement
L’environnement joue un rôle important dans la capacité et l’envie de bouger. Un fauteuil trop bas ou trop mou rend le lever difficile et douloureux, ce qui décourage naturellement toute initiative. Un siège à la bonne hauteur, avec un soutien lombaire adapté et des accoudoirs solides pour prendre appui, facilite le lever et rend le mouvement moins pénible.

Placer les objets du quotidien à une distance raisonnable, mais pas à portée de main immédiate, encourage votre mère à se lever pour les atteindre. Veiller à ce que les espaces de circulation soient dégagés, bien éclairés et sans obstacles au sol limite aussi la peur de tomber et favorise les déplacements spontanés.
| Situation observée | Ajustement recommandé | Bénéfice attendu |
|---|---|---|
| Fauteuil trop bas ou trop mou | Rehausseur de siège ou fauteuil releveur | Facilite le lever, réduit la douleur |
| Douleur lombaire en position assise | Coussin de soutien lombaire adapté | Réduit la pression sur le bas du dos |
| Peur de tomber en se levant | Accoudoirs solides, barre d’appui si nécessaire | Sécurise le lever, restaure la confiance |
| Pas de raison de se lever | Objets utiles placés à distance raisonnable | Crée des occasions naturelles de mouvement |
| Espace encombré ou mal éclairé | Dégagement des passages, éclairage renforcé | Réduit le risque de chute, encourage les déplacements |
Quand faut-il consulter un médecin
La sédentarité excessive chez une personne âgée peut être le signe d’un problème médical ou psychologique qui nécessite une évaluation professionnelle. Il est recommandé d’en parler avec le médecin traitant si votre mère présente l’un des signes suivants : une fatigue inhabituellement intense qui ne s’améliore pas avec le repos, une douleur qui l’empêche de se lever ou de marcher normalement, une perte de poids récente sans raison apparente, une tristesse persistante ou un désintérêt pour les activités qu’elle aimait, ou encore une instabilité à la marche et des difficultés d’équilibre.
Ces signaux peuvent indiquer une dépression, une dénutrition, une aggravation de l’arthrose, une pathologie cardiovasculaire ou neurologique, ou un syndrome de fragilité qui mérite d’être évalué et pris en charge de façon globale. Le site pour-les-personnes-agees.gouv.fr, géré par la CNSA, propose des ressources utiles pour orienter les familles dans ces situations.
Comment l’Activité Physique Adaptée peut aider votre mère
Lorsque la sédentarité est installée et que les tentatives d’encouragement au mouvement restent sans résultat durable, un accompagnement professionnel individualisé peut faire une vraie différence. L’Activité Physique Adaptée, proposée par un enseignant diplômé en STAPS, est conçue précisément pour des personnes dont les capacités physiques sont réduites ou fragilisées par l’âge, la maladie ou le déconditionnement.
Contrairement à une séance de gym collective ou à un cours de sport classique, l’Activité Physique Adaptée part d’une évaluation précise de la situation de la personne : ses capacités réelles, ses douleurs, ses peurs, ses habitudes et ses objectifs. Les séances sont construites autour de ce que votre mère peut faire, pas de ce qu’elle ne peut plus faire. Elles progressent à son rythme, en tenant compte de ses retours et de l’évolution de sa situation.
Cet accompagnement est complémentaire au suivi médical et à la kinésithérapie, sans se substituer à eux. Il vise à maintenir ou à retrouver une mobilité suffisante pour les gestes du quotidien, à renforcer l’équilibre pour réduire le risque de chute, et à redonner confiance dans le mouvement. Des comptes rendus réguliers permettent aux proches et aux autres professionnels impliqués d’être informés de l’évolution.
Au sein de la Loire, APAMAX accompagne des personnes âgées à domicile, en résidence senior et en EHPAD, avec une approche individualisée, sécurisée et coordonnée. Si la situation de votre mère vous préoccupe et que vous souhaitez en savoir plus sur ce type d’accompagnement, vous pouvez consulter la page dédiée à l’accompagnement proposé par APAMAX ou prendre contact directement.
Et si vous êtes épuisé en tant qu’aidant
Accompagner un parent qui ne veut plus bouger, qui refuse toute aide et dont on voit le déclin s’installer est une situation éprouvante. L’épuisement de l’aidant est une réalité reconnue, documentée et qui mérite d’être prise au sérieux. Vous n’avez pas à tout porter seul.

Le site pour-les-personnes-agees.gouv.fr propose des ressources et des orientations pour les aidants en difficulté. Faire appel à un professionnel extérieur, comme un enseignant en Activité Physique Adaptée, permet aussi de prendre du recul et de déléguer une partie de l’accompagnement à quelqu’un de formé pour cela, ce qui peut soulager considérablement votre quotidien.
Agir maintenant pour préserver l’autonomie de votre proche
Votre mère reste assise toute la journée, et cette situation vous préoccupe. C’est une réaction normale et légitime. La sédentarité prolongée a des effets réels sur la santé physique et mentale des personnes âgées, mais elle n’est pas une fatalité. Comprendre les causes, adapter l’environnement, proposer des occasions de mouvement douces et progressives, et s’appuyer sur des professionnels compétents permet d’agir efficacement, sans brusquer ni culpabiliser.
Si vous souhaitez en savoir plus sur les signes qui doivent alerter ou sur les solutions disponibles pour préserver l’autonomie de votre proche, le blog d’APAMAX propose d’autres articles sur ces sujets.
FAQ
Qu’est-ce que la sédentarité exactement, et en quoi est-elle différente de l’inactivité physique ?
La sédentarité correspond à un comportement éveillé caractérisé par une très faible dépense énergétique, principalement en position assise, allongée ou semi-allongée. Elle est différente de l’inactivité physique, qui désigne le fait de ne pas atteindre les recommandations en matière d’activité physique. Une personne peut pratiquer une activité physique régulière et rester néanmoins sédentaire si elle passe la majorité de sa journée assise. Pour les personnes âgées, les deux situations peuvent se cumuler et aggraver les effets l’une de l’autre.
Ma mère refuse catégoriquement de bouger. Est-ce que cela peut être lié à une dépression ?
Oui, le refus de bouger peut être l’un des signes d’un syndrome dépressif, notamment chez les personnes âgées. La dépression chez les seniors est souvent sous-diagnostiquée car ses manifestations sont différentes de celles observées chez les adultes plus jeunes. Une perte d’intérêt pour les activités habituelles, un repli sur soi, une fatigue persistante et un refus de bouger peuvent en faire partie. Si vous observez ces signes, il est important d’en parler avec son médecin traitant.
L’Activité Physique Adaptée est-elle remboursée par la Sécurité sociale ?
L’Activité Physique Adaptée n’est pas remboursée par l’Assurance maladie dans le cadre d’une prescription classique, sauf dans certains cas spécifiques liés à une affection de longue durée (ALD) et selon les dispositifs en vigueur. En revanche, lorsqu’elle est réalisée à domicile dans le cadre des services à la personne, elle peut ouvrir droit à un crédit d’impôt de 50 % sur les sommes engagées. Renseignez-vous auprès de votre interlocuteur APAMAX pour connaître les modalités applicables à votre situation.
Ma mère vit en résidence senior. Peut-elle bénéficier d’un accompagnement en Activité Physique Adaptée ?
Oui, l’Activité Physique Adaptée peut être proposée en résidence senior, en résidence autonomie et en EHPAD, en complément des animations collectives déjà proposées par la structure. L’intérêt d’un accompagnement individualisé réside précisément dans le fait qu’il est adapté aux besoins spécifiques de chaque personne, indépendamment du programme collectif de la résidence.
Comment distinguer une simple fatigue passagère d’un déconditionnement physique installé chez une personne âgée ?
Une fatigue passagère s’améliore généralement après quelques jours de repos et ne s’accompagne pas d’une perte de capacités fonctionnelles. Le déconditionnement physique, en revanche, se manifeste par une diminution progressive de la force musculaire, de l’endurance et de l’équilibre, qui persiste dans le temps et s’aggrave si la sédentarité se prolonge. Si vous observez que votre mère a du mal à se lever d’une chaise, marche de façon instable ou se fatigue pour des efforts qui lui semblaient faciles auparavant, il est utile d’en parler avec son médecin ou de solliciter une évaluation de son autonomie.